Sommaire
- Le parcours d'une archéologue médiéviste
- Les campagnes de fouilles récentes à Crocq
- La découverte du donjon en bois antérieur
- Méthodes et protocoles d'une fouille programmée
- Le mobilier archéologique retrouvé
- Datation et analyses en laboratoire
- Financement et partenariats de recherche
- Valorisation auprès du grand public
- Prochaines campagnes et perspectives
Sous les tours de granit qui dominent le bourg de Crocq depuis le XIIe siècle, une autre histoire se dévoile lentement, couche après couche, tranchée après tranchée. Depuis 2024, une équipe d’archéologues du Service régional de l’archéologie de Nouvelle-Aquitaine mène des campagnes de fouilles programmées qui bousculent plusieurs certitudes sur les origines du site castral et, plus largement, sur l’occupation médiévale du plateau des Combrailles. Loin des clichés d’un Moyen Âge figé dans les livres d’histoire, ces travaux redonnent chair et matérialité à une période que l’on croyait bien connue.
Pour comprendre les enjeux scientifiques de ces recherches, nous avons rencontré le Dr. Sophie Delalande, archéologue médiéviste au Service régional de l’archéologie Nouvelle-Aquitaine, qui coordonne les opérations de terrain à Crocq depuis leur lancement. Spécialiste de l’habitat fortifié du haut Moyen Âge et de la céramique médiévale, elle nous livre un état des lieux précis des découvertes, des méthodes employées et des questions qui restent en suspens. Cet entretien permet de mesurer combien l’archéologie de terrain continue d’enrichir, et parfois de corriger, le récit historique du château de Crocq et de sa région.
Dr. Sophie Delalande
Archéologue médiéviste — Service régional de l'archéologie Nouvelle-Aquitaine
Docteure en archéologie médiévale (université de Poitiers, 2011), spécialiste de l'habitat fortifié et de la céramique du haut Moyen Âge, Sophie Delalande coordonne depuis 2024 les campagnes de fouilles programmées sur le site castral de Crocq.
1. Le parcours d'une archéologue médiéviste
Comment devient-on archéologue spécialiste du Moyen Âge, et qu'est-ce qui vous a menée à travailler sur le site de Crocq ?
**Question :** Quel est votre parcours et comment en êtes-vous arrivée à travailler sur Crocq ?
**Sophie Delalande :** Mon intérêt pour l'archéologie médiévale remonte à mes études d'histoire à Poitiers, où j'ai eu la chance de participer à des chantiers-écoles dès la licence. J'ai ensuite orienté ma thèse, soutenue en 2011, sur l'habitat fortifié du haut Moyen Âge dans le Limousin et la Marche, une région alors peu étudiée comparée à d'autres bastions de l'archéologie castrale française comme la Normandie ou le Poitou. C'est cette spécialisation régionale qui m'a naturellement conduite vers le dossier de Crocq lorsque le Service régional de l'archéologie a décidé de lancer une opération programmée sur le site en 2023. Le château de Crocq présentait un intérêt scientifique évident : ses deux tours médiévales bien conservées laissaient supposer un site plus ancien et plus complexe que ce que la seule observation du bâti pouvait révéler. Les sources écrites étant lacunaires pour les périodes les plus anciennes, seule l'archéologie de terrain pouvait apporter des réponses. J'ai déposé un projet de recherche en 2023, validé par la Commission territoriale de la recherche archéologique, et les premiers sondages ont débuté au printemps 2024. Depuis, je coordonne une équipe de six à dix personnes selon les saisons, mêlant archéologues professionnels, étudiants en master et bénévoles formés localement.
2. Les campagnes de fouilles récentes à Crocq
Ces recherches viennent enrichir un récit déjà documenté dans notre pilier sur l’histoire médiévale de la Creuse, qui retrace les grandes lignes de l’occupation seigneuriale du territoire.
Pouvez-vous nous présenter le déroulement des campagnes de fouilles menées à Crocq depuis 2024 ?
**Question :** Comment se sont déroulées les campagnes de fouilles à Crocq depuis leur lancement ?
**Sophie Delalande :** Nous en sommes à notre troisième campagne estivale, chacune durant environ six semaines entre juin et août, période la plus favorable pour le travail de terrain et la mobilisation des équipes universitaires. La première campagne, en 2024, s'est concentrée sur des sondages de diagnostic autour de la base des tours actuelles, afin d'évaluer le potentiel archéologique du site sans engager de fouille extensive prématurée. Ces sondages ont révélé des niveaux d'occupation antérieurs aux tours de pierre du XIIe siècle, ce qui a justifié le passage à une fouille programmée à part entière en 2025. La deuxième campagne a permis de dégager une portion significative de la cour intérieure, mettant au jour des structures en creux, des trous de poteau et des niveaux de sol successifs. La campagne 2026, actuellement en cours au moment de cet entretien, se concentre sur l'interprétation fine de ces structures et sur l'extension de la fouille vers le secteur nord-est du site, où nous soupçonnons la présence d'annexes domestiques. Chaque campagne s'accompagne d'un rapport scientifique remis au Service régional de l'archéologie et d'une synthèse vulgarisée destinée aux partenaires locaux et au public.
3. La découverte du donjon en bois antérieur
La découverte de vestiges d'un donjon en bois antérieur aux tours de pierre est présentée comme majeure. Pouvez-vous nous en dire plus ?
**Question :** En quoi consiste la découverte du donjon en bois, et pourquoi est-elle si importante ?
**Sophie Delalande :** C'est effectivement la découverte la plus significative de nos campagnes à ce jour. Nous avons mis au jour un alignement de trous de poteau de grande section, formant un plan approximativement carré d'une dizaine de mètres de côté, associé à des niveaux de démolition et de recharge du sol. L'analyse stratigraphique et les datations radiocarbone effectuées sur des charbons de bois prélevés dans ces structures indiquent une fourchette chronologique centrée sur la fin du Xe siècle et le début du XIe siècle, soit plus d'un siècle avant la construction des tours de pierre que l'on peut observer aujourd'hui. Cela signifie que le site de Crocq était déjà fortifié, probablement par une motte surmontée d'une tour en bois selon le modèle classique de l'incastellamento du haut Moyen Âge, bien avant l'affirmation des vicomtes de Crocq telle qu'elle apparaît dans les chartes des XIIe et XIIIe siècles. Cette continuité d'occupation, d'une fortification en bois à une forteresse en pierre, est un schéma que l'on retrouve sur de nombreux sites castraux français, mais qui n'avait jamais été démontré archéologiquement pour Crocq. Elle confirme l'importance stratégique précoce de ce verrou du plateau des Combrailles, bien avant que les sources écrites ne commencent à en parler.

4. Méthodes et protocoles d'une fouille programmée
Quelles sont les méthodes et les protocoles employés lors d'une fouille archéologique programmée comme celle de Crocq ?
**Question :** Comment se déroule concrètement une fouille archéologique programmée ?
**Sophie Delalande :** Une fouille programmée suit un protocole scientifique rigoureux, très différent de l'image romantique que l'on peut avoir de l'archéologue au pinceau. Tout commence par une phase de diagnostic : sondages ponctuels destinés à évaluer la présence, la profondeur et la nature des vestiges sans les détruire. Une fois le potentiel confirmé, nous passons à la fouille extensive proprement dite, qui procède par décapage stratigraphique : chaque couche de sédiment est retirée dans l'ordre inverse de son dépôt, en respectant scrupuleusement la logique de la stratigraphie, c'est-à-dire l'empilement chronologique des niveaux d'occupation. Chaque unité stratigraphique est enregistrée sur des fiches normalisées, photographiée, positionnée en trois dimensions grâce à une station totale topographique, et son mobilier archéologique est prélevé, sachet par sachet, avec une localisation précise. Nous utilisons également la photogrammétrie pour produire des modèles 3D de chaque niveau avant son démontage, ce qui permet de conserver une trace exploitable même après la fouille. À la fin de chaque campagne, les zones non protégées durablement sont recouvertes d'un géotextile puis rebouchées pour éviter leur dégradation par les intempéries et le gel hivernal, en attendant la campagne suivante.
À retenir
La fouille de Crocq a révélé une occupation fortifiée dès la fin du Xe siècle, plus d'un siècle avant la construction des tours de pierre actuelles — une continuité d'occupation typique des sites castraux français, désormais démontrée archéologiquement pour ce site.
5. Le mobilier archéologique retrouvé
Quels types d'objets et de mobilier archéologique avez-vous retrouvés sur le site, et que nous apprennent-ils sur la vie quotidienne ?
**Question :** Quel mobilier archéologique a été mis au jour, et qu'apprend-on sur la vie quotidienne médiévale ?
**Sophie Delalande :** Le mobilier le plus abondant reste, sans surprise, la céramique : plusieurs milliers de tessons ont été inventoriés depuis 2024, permettant de reconstituer des formes de cuisson, de stockage et de service. Nous avons identifié des productions locales en pâte grossière, typiques d'un artisanat rural, mais aussi quelques éléments de céramique glaçurée plus fine, probablement importée des ateliers limousins, ce qui témoigne d'échanges commerciaux au-delà du strict cadre local. Nous avons également retrouvé des éléments métalliques : fragments de couteaux, clous de charpente, une boucle de ceinturon et une pointe de flèche qui pourrait être liée à un épisode de conflit, bien que nous restions prudents sur cette interprétation en l'absence d'autres indices convergents. Ce type d'indice de conflit rejoint le contexte plus large détaillé dans [notre article sur la guerre de Cent Ans en Creuse](/blog/guerre-cent-ans-creuse-marche-pillages-sieges-2026/), qui documente les épisodes de pillage et de siège traversés par la région. Les restes fauniques, dents et ossements d'animaux domestiques essentiellement bovins, ovins et porcins, permettent de documenter l'alimentation et l'élevage pratiqués sur le site. Enfin, quelques graines carbonisées ont été prélevées et envoyées pour analyse carpologique, ce qui devrait nous renseigner sur les céréales cultivées et consommées par les occupants du château au haut Moyen Âge. Chaque objet, même le plus modeste, est une pièce du puzzle qui reconstitue la vie quotidienne de cette communauté fortifiée.
6. Datation et analyses en laboratoire
Comment procédez-vous pour dater précisément les vestiges et les objets découverts ?
**Question :** Quelles méthodes de datation utilisez-vous pour les vestiges de Crocq ?
**Sophie Delalande :** Nous combinons plusieurs approches complémentaires. La datation par le radiocarbone, réalisée sur des échantillons de charbon de bois ou d'os prélevés dans des contextes stratigraphiques fiables, nous donne une fourchette chronologique statistique, avec une marge d'incertitude que l'on affine ensuite par calibration. C'est cette méthode qui a permis de dater les structures du donjon en bois à la charnière des Xe et XIe siècles. Nous croisons systématiquement ces datations avec la typo-chronologie de la céramique : certaines formes et certains traitements de surface sont caractéristiques de périodes précises, ce qui permet de dater des niveaux dépourvus de matériau organique datable au carbone 14. Pour les structures en pierre plus tardives, nous nous appuyons également sur l'analyse archéologique du bâti, c'est-à-dire l'étude des techniques de construction, des mortiers et des reprises visibles dans la maçonnerie, en lien étroit avec les architectes du patrimoine qui interviennent sur la restauration des tours. Enfin, nous envoyons systématiquement nos échantillons à des laboratoires universitaires partenaires, notamment à Bordeaux et à Poitiers, pour garantir l'indépendance et la reproductibilité des résultats. Cette rigueur méthodologique est indispensable pour que nos conclusions soient recevables par la communauté scientifique. Des protocoles de datation comparables sont mis en œuvre par le réseau des [châteaux de la région Cévenole](https://www.coeur-des-cevennes.com/), avec qui nous échangeons régulièrement sur les bonnes pratiques de terrain.

7. Financement et partenariats de recherche
Comment sont financées ces campagnes de fouilles, et quels sont vos partenaires scientifiques ?
**Question :** Qui finance les fouilles de Crocq et quels sont vos partenaires ?
**Sophie Delalande :** Le financement d'une fouille programmée repose principalement sur des crédits de l'État, alloués via la DRAC Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de la politique de recherche archéologique du ministère de la Culture. Pour Crocq, ce financement de base est complété par une participation de la commune, propriétaire du site, et par le conseil départemental de la Creuse, qui voit dans cette recherche un potentiel de valorisation touristique et culturelle. Nous bénéficions également d'un partenariat avec l'université de Poitiers, qui nous fournit chaque année plusieurs étudiants en master d'archéologie dans le cadre de leur formation de terrain obligatoire, ainsi qu'un accès privilégié aux laboratoires d'analyse. Ce modèle de cofinancement est assez classique pour ce type d'opération en France, mais il reste fragile : chaque campagne doit être reconduite par une demande argumentée, et les arbitrages budgétaires peuvent varier d'une année sur l'autre selon les priorités nationales. Nous explorons aussi des pistes de financement complémentaire par le mécénat de recherche, notamment auprès de fondations sensibles au patrimoine rural, pour sécuriser les campagnes à moyen terme et éviter une interruption qui compromettrait la cohérence scientifique du projet.
| Élément | Chiffre clé |
|---|---|
| Campagnes de fouilles menées depuis 2024 | 3 campagnes estivales |
| Durée moyenne d'une campagne | 6 semaines (juin à août) |
| Datation du donjon en bois | Fin Xe - début XIe siècle |
| Tessons de céramique inventoriés | Plusieurs milliers |
| Taille de l'équipe de fouille | 6 à 10 personnes selon saison |
8. Valorisation auprès du grand public
Cette démarche de médiation rejoint les efforts menés par la conservatrice régionale des monuments historiques, avec qui nous travaillons en bonne intelligence sur la valorisation du site.
Comment le grand public peut-il découvrir les résultats de vos recherches archéologiques ?
**Question :** Comment rendez-vous vos découvertes accessibles au grand public ?
**Sophie Delalande :** La médiation scientifique fait partie intégrante de notre mission, et c'est un aspect du métier que j'apprécie particulièrement. Chaque année, à l'occasion des Journées européennes de l'archéologie en juin, nous organisons une visite commentée du chantier de fouilles, ouverte gratuitement au public sur inscription auprès de l'office de tourisme de la Creuse. Ces visites rencontrent un succès croissant, avec une soixantaine de participants lors de la dernière édition. Nous avons également mis en place des panneaux explicatifs temporaires autour de la zone de fouille, illustrés de photographies et de schémas simplifiés, qui permettent aux visiteurs de comprendre ce qu'ils observent même en dehors des visites guidées. Une exposition itinérante, présentant une sélection d'objets et des reconstitutions en 3D du donjon en bois, a été montée en partenariat avec la commune et devrait circuler dans plusieurs villages de la Creuse au cours des prochains mois. Enfin, nous intervenons régulièrement dans les écoles locales pour sensibiliser les plus jeunes à l'archéologie et à la richesse patrimoniale de leur territoire, une démarche que je considère comme essentielle pour ancrer durablement l'intérêt pour ce patrimoine dans les générations futures. D'autres régions françaises développent des approches similaires : le réseau des [monuments historiques d'Alsace](https://www.monuments-alsace.com/) propose ainsi des dispositifs de médiation comparables autour de leurs sites castraux.
Conseil aux curieux
Les Journées européennes de l'archéologie, chaque mois de juin, offrent l'occasion unique de visiter un chantier de fouilles en activité et d'échanger directement avec les archéologues sur le terrain — une expérience rare, à réserver via l'office de tourisme local.
9. Prochaines campagnes et perspectives de recherche
Quelles sont les prochaines étapes de vos recherches et vos objectifs pour les années à venir ?
**Question :** Quelles sont les perspectives pour les prochaines campagnes de fouilles ?
**Sophie Delalande :** Notre priorité pour 2027 est d'achever la fouille du secteur nord-est, où nous pensons trouver les vestiges d'annexes domestiques associées au donjon en bois : cuisine, grange, ou bâtiment d'habitation pour la garnison. Nous espérons également pouvoir engager des analyses paléoenvironnementales plus poussées, notamment palynologiques, c'est-à-dire l'étude des pollens fossiles, pour reconstituer le paysage végétal qui entourait le château au moment de sa fondation. Sur le plan de la valorisation, un projet de centre d'interprétation archéologique est à l'étude en lien avec la commune et le département, qui permettrait de présenter durablement les résultats des fouilles et une sélection d'objets, en complément de la visite des tours médiévales. Nous travaillons aussi à la publication d'une synthèse scientifique complète dans une revue d'archéologie médiévale, prévue d'ici deux ans, une fois les campagnes de fouilles achevées et l'ensemble du mobilier étudié. Ce travail de longue haleine demande de la patience : contrairement à ce que l'on imagine parfois, l'archéologie de terrain n'est qu'une étape, souvent la plus courte, d'un processus de recherche qui se poursuit ensuite pendant plusieurs années en laboratoire et en bibliothèque.
Idées reçues — 5 affirmations vrai/faux
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1. Faux : Le château de Crocq a été construit d’un seul tenant au XIIe siècle.
- Explication : Les fouilles montrent une occupation fortifiée bien antérieure, avec un donjon en bois datant de la fin du Xe siècle, plus d’un siècle avant les tours de pierre visibles aujourd’hui.
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2. Faux : L’archéologie médiévale se limite à creuser et à trouver des objets.
- Explication : La fouille de terrain n’est qu’une étape parmi d’autres : enregistrement stratigraphique, datations en laboratoire, analyses carpologiques et fauniques, puis rédaction scientifique occupent la majorité du temps de recherche.
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3. Vrai : Les datations radiocarbone permettent de préciser des fourchettes chronologiques sur plusieurs siècles.
- Explication : Combinées à la typo-chronologie de la céramique et à l’analyse du bâti, elles offrent une chronologie fiable, comme le montre la datation du donjon en bois de Crocq.
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4. Vrai : Le grand public peut assister à des visites de chantiers de fouilles en activité.
- Explication : Les Journées européennes de l’archéologie, chaque juin, permettent des visites commentées gratuites, une occasion rare de dialoguer directement avec les archéologues.
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5. Faux : Les fouilles archéologiques sont financées uniquement par l’État.
- Explication : Le financement combine crédits DRAC, participation de la commune et du département, partenariats universitaires et, de plus en plus, mécénat de recherche privé.
Les 3 choses à retenir de cet entretien
- Les fouilles menées à Crocq depuis 2024 ont révélé un donjon en bois antérieur d’un siècle aux tours de pierre actuelles, repoussant la chronologie connue du site.
- La méthode archéologique combine décapage stratigraphique, datation radiocarbone, typo-chronologie céramique et analyses en laboratoire pour reconstituer la vie quotidienne médiévale.
- La valorisation auprès du public, via les Journées européennes de l’archéologie et des expositions itinérantes, ancre ces découvertes scientifiques dans la vie culturelle locale.
Ces découvertes archéologiques trouvent un écho architectural précis dans l’entretien avec l’architecte du patrimoine sur la restauration des tours de Crocq, qui explique comment ces recherches nourrissent les choix de restauration actuels.
Pour prolonger la visite après avoir découvert ces recherches, le guide des tours médiévales de Crocq offre une lecture architecturale complémentaire du site fouillé.
Questions fréquentes
- Quelles sont les dernières découvertes archéologiques autour du château de Crocq ?
- Les campagnes 2024-2026 ont mis au jour les fondations d'un premier donjon en bois antérieur aux tours de pierre actuelles, ainsi qu'un ensemble de céramiques et d'objets du quotidien datés du XIe siècle, confirmant une occupation plus ancienne que ce que l'on pensait.
- Comment se déroule une fouille archéologique sur un site médiéval comme Crocq ?
- Une fouille programmée suit un protocole strict : sondages préalables, décapage stratigraphique par couches successives, enregistrement photographique et topographique de chaque niveau, prélèvement des mobiliers pour analyse en laboratoire, puis rebouchage ou consolidation du site.
- Qui finance les fouilles archéologiques en Creuse ?
- Le financement combine crédits de l'État via la DRAC (fouilles programmées), collectivités locales (commune et département), et parfois mécénat privé ou subventions de recherche universitaire pour les campagnes associées à des laboratoires du CNRS.
- Peut-on visiter un chantier de fouilles archéologiques en Creuse ?
- Oui, certaines campagnes organisent des journées portes ouvertes, notamment lors des Journées européennes de l'archéologie en juin. Le grand public peut aussi suivre les résultats via des expositions temporaires organisées avec les offices de tourisme locaux.
- Les découvertes archéologiques changent-elles la compréhension de l'histoire de Crocq ?
- Considérablement : les datations par carbone 14 et l'analyse des couches stratigraphiques ont permis de repousser d'un siècle l'occupation attestée du site, révélant une continuité d'occupation depuis le haut Moyen Âge plutôt qu'une fondation unique au XIIe siècle.